Barbara Schulte Kellinghaus, Carrara IV/VIII, Asyl für einen Schädel, 2017, Marmor, verschiedene Materialien

11.10.–05.11.2017

Barbara Schulte Kellinghaus

Asile pour un crâne

Dans ses sculptures, Barbara Schulte Kellinghaus a déjà travaillé à maintes reprises sur le thème du crâne. Outre les références à l’histoire de l’art qu’il véhicule, ce sujet offre des défis concrets en matière de sculpture. Il lui faut jouer à la fois sur le volume invisible et sur les restes palpables d’un être humain, dans un travail de création d’une extrême précision.

Dans le cadre de « Asile pour un crâne » (« Asyl für einen Schädel »), manifestation spécialement conçue pour l’IKOB, l’artiste franchit résolument des limites dont elle s’était accommodée jusqu’à présent. Étonnamment, au moment même où le rôle du musée en tant que refuge, terre d’accueil pour des débats libres et démocratiques se renforce, elle fait le pas de s’aventurer au dehors. Sur le parking du musée, Barbara Schulte Kellinghaus confronte sa sculpture à une autre réalité – à la réalité de la rue, qui connaît d’autres lois, d’autres systèmes de narration et d’autres modes de perception que le musée.

Exposé dans le coffre du fourgon de l’artiste, le crâne de marbre apparaît sans défense, manifestant avec un aplomb incroyable que, au bout du compte, l’art nous ramène toujours aux choses ultimes – l’implacable réalité de la mort. Par un véritable tour de force, Barbara Schulte Kellinghaus transforme le memento mori historique en un constat on ne peut plus contemporain, d’une actualité brûlante.