#20
2017 — 01

Constructor
Dmitry Teselkin


#19
2016 — 09

DEIN GEILSTER MÄDCHENFLUG- KÖRPER SCHREIT TOTALST : NUR VORNE IST EVOLUTION IM SCHRITT »MARSCH MARSCH«, VERSACHLICHT ALLES.
Jonathan Meese
2012


#18
2016 — 08

Ohne Titel
2009


#17
2016 — 06

Corte Cromatico - Hommage an André Blank
1987

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L’hommage d’Antonio Máro à André Blank fait partie de la collection de l’ikob. Il est notre Star Work #17.

Musicien, peintre et sculpteur, Antonio Máro Ramírez vit depuis 1981 à Hauset (B). Internationalement connu, il reçoit de très nombreuses distinctions pour son travail alors qu’il est plutôt inclassable dans l’histoire de l’art. Né en 1928 à Catacaos (Pérou), il grandit à Lima dans un milieu modeste. Il fait ses premiers pas en tant qu’artiste dans le sillage de l’expressionnisme abstrait de Ricardo Grau. À partir de 1950, parallèlement à des études de médecine, il poursuit son travail auprès de Gert Biese à Tübingen et de Willi Baumeister à Stuttgart. À compter des années 1957-1962, il pratique à la fois la médecine et la peinture au Pérou et jusqu’en 1980 dans le sud de l’Allemagne. Inspiré par l’intérêt de Baumeister pour l’authenticité individuelle de chaque toile et influencé par les tendances abstraites de l’art informel ainsi que par Hap Grieshaber, il fait partie des artistes sud-américains ayant banni tout réalisme de leurs œuvres. Máro n’a jamais cédé à la tentation de faire de la culture amérindienne et d’un héritage colonial aux accents baroques le sujet de ses travaux. Plutôt que la spiritualité, ce sont la sensualité et le contact avec la nature qui ont apposé leur empreinte sur des collages chromatiques tout en superpositions, une technique marquée par un rapport très fort au matériau. À partir de 1980, Máro abandonne les entrelacs de formes rappelant Eduardo Chillida et concentre son travail sur des aplats de couches tectoniques. C’est au principe d’une sensualité du matériau et non d’une symbolique des couleurs qu’obéissent les registres chromatiques de ces œuvres expérimentales et indociles, composées de préférence selon un décalage axial, sur le mode de l’esquisse et dans une grande liberté formelle.

Datée de 1987, notre StarWork #17, un hommage au peintre verrier belge André Blank, est ainsi résolument marquée par des jeux d’ombres et de lumière. Si ces jeux suggèrent de singulières et lointaines profondeurs (dans la partie gauche) ainsi que des barrages tectoniques (dans la partie droite) sous la forme d’un cône de lumière (espace enchâssé rehaussé de blanc), d’un abîme cosmique et d’un irréel canyon métallique, les détails des coulures et des superpositions de couches ne peuvent que trahir la nature éminemment impulsive de cette forme de peinture. La liberté de l’impulsion et l’intellectualité d’une composition à la musicalité harmonieuse, détachée de tout repère classique, permettent l’interaction de forces contradictoires au cœur de la forme (noir/blanc, haut/bas, densité/fragilité). L’espace ainsi créé laisse sourdre un silence solennel plutôt que de ténébreux déchirements ou l’expression de souffrances. L’hommage de Máro à André Blank relève d’une peinture du symbole composée de manière analytique, qui donne à percevoir la dignité et la fragilité de la nature. Monde de formes sans modèle, né de l’intuition, il offre avant tout un réceptacle à des sensations inconnues.

Dirk Tölke


#16
2016 — 04

Statements 34/56 (rotes Kreuz)
Jean-Marie Biwer
2000

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Daté de l’an 2000, le cycle «Statements» auquel appartient l’œuvre « 34/56 » est un ensemble de 56 toiles de même taille, caractérisées par un trait extrêmement vigoureux. Les structures picturales qui s’y déploient sont étonnantes, mêlant fragments figuratifs, particules du monde matériel en collages, structures au bouillonnement inégal et tracés proches du geste. Choix des couleurs et composition se sont affranchis de tout modèle artistique, de tout leitmotiv et de tout repère en matière de structure – il s’agit là au contraire de singularités nées du quotidien qui ne répondent à aucune attente, matérialisant un ressenti de l’existence humaine au moyen de fragments et de bribes de vie quotidienne recueillies par la mémoire. C’est aussi le flux de la pensée, chargé de références culturelles, qui transparaît dans la croix sur fond de chair rouge sang, laissant plonger le regard vers un monde en miniature suggéré avec délicatesse, couronné d’une tache noire figurative. Parcelles de paysages de montagne ne formant pas un tout cohérent, éléments architecturaux et êtres volants réunis dans un univers chromatique incarnat et flou, à la fois doux et malicieux, « 34/56 » offre ainsi une ébauche de représentation de la charge visuelle brute que notre culture du zapping, avec son appétit vorace et sa soif d’images, perpétue à l’envi, au hasard. Non pas, comme nous en avons l’habitude, un collage de bribes issues de ce flot d’images, mais une œuvre qui incarnerait le processus de « digestion », d’assimilation de notre perception du monde (la nôtre ou celle que les médias nous suggèrent). Une œuvre unique en son genre, qui concrétise cependant aussi dans son imaginaire pictural l’expérience des médias et matérialise la nouveauté, loin de tout avant-gardisme et de tout procédé médiatique, sans imposer au spectateur une grille de lecture ni puiser dans la botte secrète de l’art pictural pour se forger un style. Renonçant au superflu et laissant un espace à tout ce qui pourrait rester refoulé, les toiles de Jean-Marie Biwer n’ont rien d’anodin ni d’insignifiant. Bien au contraire.

Miriam Elebe


#15
2016 — 03

Texte zur Kunst
Horst Keining

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Des points lumineux blancs et bleu ciel se dessinent comme des confettis sur fond orange-jaune.  On devine quelque chose de concret – un paysage, une architecture, des caisses qui s’entassent.  Les éléments se dissolvent.  En s’éloignant du tableau les touches de couleurs juxtaposées forment un ensemble saisissable – tout comme pour les tableaux impressionnistes.  Toutefois cet essai de concrétisation demeure voué à l’échec, car l’aliénation n’est pas due au zoom, mais bien au choix de l’extrait.

“Texte zur Kunst” (textes sur l’art) a été appliqué en glacis et est formé de majuscules noires sans empattements.  La rangée de lettres est placée dans le tiers inférieur de l’image, qui par son format fait penser à la couverture d’un livre ou d’un magazine. Les mots suggèrent le contenu supposé du texte. Le message permet des associations.  Le spectateur - simultanément lecteur de l’image - a des attentes auxquelles le motif de l’image de donne pas de réponse.

“Texte zur Kunst” est une revue d’art fondée en 1990 à Cologne.  Sur environ 300 pages on trouve des articles socioculturels en allemand et anglais concernant l’art contemporain, le cinéma, la musique, la mode et le design.

Keining provoque cette ambivalence parce qu’il respecte les éléments picturaux nécessaires à la perspective : avant- et arrière-plan, mise en évidence, clarté et flou, intersections.  Mais les éléments picturaux ne montrent pas de lieu réel ; les différents plans ne se trouvent guère dans un contexte significatif saisissable.  Une localisation est impossible.  Le tableau cause quelques irritations.  L’artiste joue avec les éléments texte, contexte, texture et contours – aussi qu’avec la perception.  Le discours est décisif. Keining étudiait systématiquement les possibilités de structuration et division de la surface dans ses travaux antérieurs des années 1980 et 90, dans ses séries de tableaux bleu-verts (die Blaugrünen) et rouges (die Roten Bilder), ses peintures murales et ses bandes picturales. La commande d’une peinture murale qui nécessitait une autre technique d’application de la couleur a déclenché chez lui l’envie de travailler avec la résine synthétique et le pistolet à peinture. Depuis 1997 Keining remplace la surface et la ligne par le plan de couleurs et l’écriture ; depuis 2003 il cherche la relation entre ornement et écriture. Il utilise la technique de l’ airbrush le soutient pour créer des flous et des voilages.

Denise Essig